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État des berges

Laisser la nature au naturel...

 

 

Préserver l'écosystème de l'Ancien canal

 

La Ville de Salaberry-de-Valleyfield s’est vu nommer lauréate 2014 du mérite Ovation municipale pour la réalisation, en 2013, de son projet d’aménagement intégré et de mise en valeur de la rue Victoria et du Vieux canal Est. Cette mise en valeur s’est définie notamment par le réaménagement des abords du canal qui comportait un volet crucial : sa remise à l’état naturel. L’aménagement de la partie est du Vieux Canal est une fierté pour la communauté et son aspect naturel mérite de faire partie intégrante de cette fierté, car elle est essentielle à la pérennité de ce cours d’eau et à la qualité du milieu.

En effet, la présence et les activités humaines ne sont pas sans effet sur les lacs et les cours d’eau. Trop souvent, les habitudes de vie urbaines peuvent entraîner la détérioration de nos plans d’eau. C’est davantage par méconnaissance que par mauvaise volonté que la population pose des actes qui nuisent à l’environnement. Avec les connaissances actuelles sur le lien entre les milieux urbains et l’importance de préserver les écosystèmes, depuis l’adoption de sa stratégie de développement durable sur le territoire en 2010, la Ville de Salaberry-de-Valleyfield fait donc face à un défi de taille soit celui d’aménager tout en préservant la santé, la qualité de l’eau et du milieu naturel. Aujourd’hui, avec la végétation qui s’impose autour du canal, il y a lieu d’expliquer certains aspects liés aux bénéfices de l’aménagement « naturel » du canal et à la gestion écologique que la Ville en effectue.
 

L’aménagement qui a donc été réalisé comporte les aspects suivants :

  • des plantations d’espèces indigènes ont été réalisées dans l’ensemble de l’aménagement : 500 arbres de gros calibre, 1 500 arbustes et 13 000 graminées et vivaces, tous sélectionnés en fonction de leurs attributs écologiques et spécialement adaptés pour les milieux humides. En berge, des plantes herbacées indigènes, en multicellules, ont été utilisées afin d’améliorer la biodiversité de celles-ci.
     
  • une bande de protection végétalisée de 5 mètres a été dressée afin de favoriser la filtration des eaux. La végétation de la bande riveraine capte une grande partie des sédiments et nutriments (phosphore et azote) qui arrivent au canal par ruissellement et la végétation diversifiée (herbacée, arbustive, arborescente) de la bande riveraine limite le réchauffement excessif de l’eau en bordure du cours d’eau, ce qui empêche également la croissance excessive d’algues et de plantes aquatiques ainsi que le vieillissement prématuré du cours d’eau.
     
  • une stabilité des berges par le développement du système des racines des végétaux situés dans la bande riveraine, ce qui limite l’érosion et les glissements de terrain.
     
  • une île réalisée à l’extrémité Est permet de ramener un lien en eau vers la rivière Saint-Charles qui se trouve juste de l’autre côté de la rue et pour une continuité du réseau bleu.  Cette île, accessible par sentiers piéton et cyclable, donne un accès et un point de vue privilégié sur l’eau. Cette île constitue une zone tampon entre le cours d’eau et l’activité humaine. Elle contribue à augmenter les milieux humides et à instaurer un lieu de protection, de refuge pour la petite faune par une zone d’écoulement à faible profondeur avec des obstacles naturels. De plus, les travaux ont contribué à l’augmentation de 800 m2 de l'habitat du poisson.
  • les végétaux aux abords d’un cours d’eau assurent un habitat (abri, protection et nourriture) aux oiseaux, aux insectes, aux mammifères et même aux poissons. Les fleurs,  fruits et graines d’arbres et d’arbustes (glands, baies, samares) les attirent et les alimentent. Certaines espèces de végétaux attireront plus particulièrement les oiseaux, les papillons, les insectes pollinisateurs et les prédateurs d’insectes ou d’animaux nuisibles. Ce choix de préserver la bande riveraine et de supporter des plantes naturelles favorisent une dynamique de compétition entre les espèces, un équilibre des écosystèmes et le maintien de la  biodiversité.

La Ville ne fait pas de tonte de la portion bande riveraine en raison des avantages cités précédemment. Par contre, soyez assurés des intentions de la municipalité de vous offrir un milieu agréable et un cours d’eau visible; par conséquent, un entretien est effectué. La gestion écologique implique également des interventions pour contrôler les espèces ligneuses afin d’éviter le processus naturel d’évolution vers une bande riveraine boisée. Des percées visuelles sur le canal sont maintenues et la hauteur des plantes est donc contrôlée par endroits. « Au début, l’aspect peut laisser à désirer, mais rapidement la composition de la végétation va évoluer. De plus, les résultats d’une plantation ne sont pas toujours immédiatement visibles et efficaces; il faut souvent patienter durant plus d’une saison de croissance. Le retour d’une rive à l’état naturel est parfois perçu comme un état d’abandon ou de friche; les arbustes sont alors qualifiés de « fardoches », mais cette façon de faire est essentielle pour limiter le vieillissement accéléré du plan d’eau et prévenir la prolifération d’algues et de plantes. Cela évite que le cours d’eau deviennent prématurément un marais ou plus communément appelée une « swamp ». La restauration des bandes riveraines et la gestion écologique de celles-ci sont justifiées et leur efficacité, à moyen terme, est bien réelle. Leurs avantages sont autant d’ordre écologique, social qu’économique »,  précise la conseillère en environnement de la Ville et biologiste, spécialisée en écologie,  Maggy Hinse.

 

Quant à M. Lapointe, maire de Salaberry-de-Valleyfield, il mentionne que : « La Ville a mis en œuvre une restauration durable et effectue un entretien écologique du site, s’inscrivant ainsi dans les orientations du PADD-E (Plan d’action en développement durable avec une majeure en environnement) et encourage également le transport actif, les saines habitudes de vie, la conservation et l’amélioration des milieux naturels. Le canal et la rue Victoria est amènent un bon nombre de personnes à profiter d’un cadre naturel en plein milieu urbain, le travail de mise en valeur et de naturalisation des lieux sont dorénavant une richesse au cœur de la Ville. Qui plus est, ces réalisations écologiques et durables rendent le paysage urbain beaucoup plus attractif, ayant un impact positif certain sur notre qualité de vie! C’est une question de perception, ce site est une fierté ! »

 

Cours d'eau Arthur-Boyer

L'entretien de ce canal est minimal puisqu'il s'agit d'un cours d'eau avec des bandes riveraines qui doivent être protégées et donc maintenues à l'état naturel. Trois fauches sont demandées annuellement, aux abords de la piste cyclable seulement.

Des plantations ont été réalisées dès la conception du cours d’eau et au printemps 2016, la Ville a procédé à un ensemencement pour que des plantes indigènes prennent le dessus sur l’herbe à poux qui est problématique pour la santé de 20 % de la population.

Les normes très strictes d’entretien de cet espace  sont fournies par le ministère de l’Environnement. Par exemple, la Ville ne peut pas faucher sur une distance de 10-15 m à partir de la ligne des hautes eaux du cours d’eau, ni entretenir autrement qu’en laissant la nature prendre le dessus. Ces règles provinciales sont mises en place pour absorber les surplus d’eau de ruissellement provenant des quartiers et des zones imperméables, comme l’asphalte et les cours de maison lors de grandes pluies ou de pluies prolongées. 

Les végétaux filtrent les eaux avant le retour dans les cours d’eau ou la nappe phréatique, ce qui protège la qualité de l’eau (les citoyens utilisent des engrais sur leurs terrains qui ruissèlent vers les cours d’eau et produisent des plantes aquatiques ou des algues (ex. problématique des cyanobactéries) et favorise la biodiversité.

Sans ces cours d’eaux dont les bandes riveraines sont préservées à l’état naturel, on peut envisager des impacts notables sur la santé de la population et la protection de nos infrastructures. Les végétaux (plantes herbacées, arbres et arbustes) sont des éponges et sont essentiels dans un milieu comme ce nouveau quartier.

Il faut s’habituer à une végétation naturelle luxuriante et changer nos perceptions de « propreté ». Avec les changements climatiques et les pluies qui seront de plus en plus fréquentes et abondantes, ce sera plus que bénéfique.

Information :  Service de l’Environnement et des travaux publics
                          Maggy Hinse, conseillère en environnement
                          gestionduterritoire@Ville.Valleyfield.qc.ca