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17 millions pour l'usine d'épuration

ENVIRONNEMENT ET TRAVAUX PUBLICS
Juillet 2013
Construite en 1986, la station d’épuration des eaux de la Seigneurie sera modernisée grâce à un investissement de 17 millions de dollars. En quoi cet investissement est-il justifié? Philippe Beaudoin, coordonnateur – Eau et environnement, Michel Brodeur, ingénieur de projet, gestionnaire des travaux à l’usine et Pierre Berniqué, superviseur – Traitement des eaux, à la Ville, nous expliquent.
 
Tout d’abord, qu’est-ce qu’une STEP?
C’est la station d’épuration des eaux usées, dernière infrastructure dans la chaîne de gestion des eaux. L’usine de filtration traite l’eau afin de la rendre propre à la consommation alors que la station d’épuration nettoie l’eau impropre issue du réseau d’égout afin de pouvoir la retourner au fleuve. 
 
Où se trouve-elle?
Elle est dissimulée à l’extrémité est du boulevard des Érables. Elle a été construite, il y a plus de 25 ans, alors que notre société commençait à se soucier plus sérieusement de l’environnement. 
 
Comment fonctionne la station?
La 1re séquence dans le traitement des eaux usées est le prétraitement, un dégrillage des eaux usées pour enlever les plus gros déchets. Le traitement secondaire, approche biologique, utilise des bactéries dans quatre bassins aérés « digérant » les matières organiques contenues dans les eaux usées. Après, les décanteurs secondaires permettent ensuite de séparer l’eau épurée des boues que l’on récupère au fond des décanteurs. Une partie des boues est recyclée en amont des bassins d’aération afin de favoriser le développement de la culture bactérienne. L’eau épurée est acheminée au canal de Beauharnois.
 
Que fait-on avec les boues restantes?
L’excédent des boues activées est extrait du système, épaissi puis déshydraté. Ensuite, plusieurs solutions... Il y a l’enfouissement, interdit dès 2020, auquel on recourt exceptionnellement, puis deux autres pratiques qui nous permettent une excellente efficacité énergétique. Pour la valorisation, nous épandons les boues sur des terres agricoles afin d’enrichir les sols. L’oxydation humide assistée par plasma (OHAP), qui permet de faire de ces boues un combustible, est la solution la plus innovante. Après une phase d’essai, nous réactivons fièrement le projet cet été
 
Quelle est sa capacité de traitement?
En fonctionnant 24h/24, nous traitons en moyenne 50 416 m3 par jour. La station est à la limite maximale de traitement. Nous avons déjà dépassé cette limite et de ce fait la norme de rejet MES (matières en suspension).
 
Est-ce l’unique raison de cet investissement?
Nos préoccupations environnementales n’ont cessé de croître alors que nous constatons les lourdes conséquences difficilement réversibles, à long terme, qui plus est, qu’ont les activités humaines sur la nature, notre milieu de vie et sur l’homme. Et, alors que les avancées technologiques permettent aujourd’hui de meilleures performances, les normes environnementales se resserrent très justement. Les différents paliers de gouvernement imposeront, dans les années à venir, des normes obligatoires que nous devrons rencontrer avant de rejeter l’eau au fleuve. Aussi, sachez que plusieurs équipements importants ne sont plus en fonction.
 
Concrètement, qu’est-ce qui se passe?
L’infrastructure ne change pas. Ce sont les procédures que l’on modernise en remplaçant, à chaque étape, un équipement désuet de plus de 25 ans par un performant. Avec l’ajout d’un traitement de nitrate, un système de dégrillage plus efficace, un nouveau dessableur à vortex qui remplacera le procédé actuel, de nouvelles soufflantes et des diffuseurs à fines bulles dans le système d’aération des bassins, de nouveaux collecteurs de boues dans les décanteurs, le remplacement de pompes à vis d’Archimède et l’ajout d’un traitement UV. L’eau rejetée sera claire, car bien moins contaminée, assez peu pour permettre le traitement naturel et biologique des quelques bactéries restantes par le milieu naturel récepteur. Au niveau des boues, deux nouvelles unités l’épaississement des boues et deux équipements de déshydratation seront mis en place. Moins il y a d’eau dans les boues, moins elles coûtent cher à transporter. Ultimement, les travaux permettront tout de même d’envisager une capacité de traitement à plus de 89 millions de litres d’eaux usées en moyenne par jour.
 
Le projet est financé à 100 % par la Ville?
Non. Voilà près de 6 ans que nous étudions le projet. Cela a permis à la Ville de travailler à l’obtention de subventions réduisant à moins de 4 millions la part de la Ville, soit un peu plus de 20 %.
 
Traitement UV?
Oui, nous avons anticipé les demandes des ministères en incluant un système de désinfection ultraviolet qui, contrairement au traitement au chlore, ne crée pas des sousproduits cancérigènes. Grâce à lui, nous diminuons le taux de micro-organismes dans l’eau et des pathogènes nocifs pour l’homme. Ainsi, nous réduisons encore notre impact sur l’écosystème.
 
Ville industrielle, traitons-nous aussi les eaux des industries?
Oui et même de façon particulière. Les industries payent une redevance selon la qualité des eaux qu’elles nous demandent de traiter, ce qui les incitent à améliorer leur propre gestion. 


Notre eau potable… Pas de gaspillage !

Notre eau potable... pas de gaspillage !
Pourquoi?
L’eau qui arrive à nos robinets, propre à la consommation, n’est pas gratuite! Le coût de son traitement est assumé par les contribuables. Au Québec, environ 20 % de l’eau traitée est gaspillée. C’est plus de 125 millions de dollars qui sont ainsi gaspillés. Moins nous traitons d’eau, moins il nous en coûte!
 
De petits gestes pour économiser
Économiser l’eau potable ne veut pas dire se priver d’eau. C’est poser de petits gestes simples… Au Québec, chaque habitant utilise en moyenne 40 % de plus d’eau qu’en Ontario. On doit pouvoir faire mieux assez facilement, non?
 
Voici 3 gestes simples à appliquer…
  • Dans la cuisine, dégelez vos aliments congelés au réfrigérateur ou au four à micro-ondes plutôt que sous l’eau du robinet.
  • Dans la salle de bain, fermez le robinet quand vous vous rasez ou brossez les dents, vous économiserez ainsi plus de 8 litres d’eau à chaque fois, soit 6000 litres par an.
  • À l’extérieur, coupez votre gazon plus long et laissez l’herbe coupée sur la pelouse. Il consomme ainsi moins d’eau et garde une meilleure apparence.
Toutes nos astuces pour économiser l’eau potable en ligne :
 

Reportage issu du Bulletin municipal de juin 2013
Sur la photo, Philippe Beaudoin et Pierre Berniqué