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Bernaches : comprendre la complexe problématique de gestion de population

  1. La population de bernache est-elle en déclin comme le sous-entend le titre d’un article de Radio-Canada?

    • À la lecture du premier paragraphe de l’article, on constate que l’on parle ici de la bernache grande migratrice. C’est elle, celle qui remonte du sud des États-Unis pour aller nicher dans le Nord québécois, qui est en déclin. La « nôtre », celle résidente au sud du Québec, qui niche et reste ici, n’est pas en déclin. Selon des données professionnelles très à jour, c’est même le contraire,

    • Il existe 12 sous-espèces d’outardes dans le monde, dont 3 au Québec,

    • Source : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1161158/bernaches-oiseaux-migration-population-quebec.

    • Cohabitation avec les bernaches résidentes - Par CRIVERT, association de défense de l'environnement à Salaberry-de-Valleyfield

  1. Surpopulation des bernaches et impacts :

    • Sur les autres espèces… En grand nombre, par leur comportement agressif en période de reproduction, les outardes peuvent chasser les autres espèces et les empêcher de venir nicher. En surnombre, cela pourrait avoir un impact sur les autres espèces.

    • Sur les infrastructures et sur l’hygiène et la salubrité du milieu…

      • Une bernache adulte mange jusqu'à 4 lb d'herbe par jour et libère jusqu'à 2 lb de matières fécales quotidiennement,

      • Les parcs autour de la baie Saint-François et le Parc régional des Îles-de-Saint-Timothée se retrouvent depuis plusieurs années envahis d’excréments (trottoirs, piste cyclable, quais, espaces verts récréatifs accueillants événements en tous genre, plage) :

        • Compromettant la salubrité des lieux et contaminant les eaux de baignade (concentration élevée de coliformes fécaux et risque d’E. Coli),

        • Engendrant une perte de jouissance et d’esthétique,

        • Provoquant les nombreuses plaintes des visiteurs, des citoyens et des organismes,

        • Obligeant la fermeture de plage. On y retrouve en plus la présence de Goélands qui contribuent eux aussi à la contamination de l’eau de baignade. Les moyennes d’échantillonnage de coliformes fécaux doivent se situer sous les 200 UFC/100 ml, alors que la fiente de goélands révèle une concentration moyenne en coliformes fécaux de 60 000 000 UFC/100 ml.

  1. Quelles tentatives la Ville a-t-elle mises en place pour éloigner les bernaches du cœur du centre-ville?

    • Il n’existe pas de solutions de dissuasion unique, car les besoins et les déplacements des bernaches diffèrent du mois de février à octobre et qu’elles s’adaptent rapidement aux techniques d’effarouchement. On voudrait tous une solution facile qui accommode tout le monde, mais elle n'existe pas,

    • Plusieurs méthodes de gestion passives ont été faites au courant des huit dernières années :

      • Panneaux et communiqués aux citoyens à ne pas les nourrir, autant pour les oiseaux que pour l’homme, voici pourquoi : https://www.ville.valleyfield.qc.ca/bernache,

      • Installation de clôtures en rive,

      • Ruban voyant et drapeaux,

      • Fils en hauteur,

      • Nettoyage des excréments :

        • À pression sur les surfaces dures dans le parc Delpha-Sauvé, à la Marina, au Vieux-Canal, parfois tous les jours, mais l’eau contaminée s’écoule dans le canal,

        • Parties gazonnées : rien à faire… malheureusement.

  1. Pourquoi avoir fait le choix de la stérilisation et de l’effarouchement?

    • En 2019, la Ville a dû se contraindre et suivre les autres villes, qui comme elles sont confrontées à la même problématique, en augmentant la gradation de ses actions :

      • Pratique des techniques d’effarouchement (99 % des nouvelles pratiques) : du mois de mai au mois d’août, un biologiste, technicien de la faune, promène un chien pour rendre l’environnement plus hostile, moins accueillant,

      • Stérilisation des œufs dans leur 1ère semaine de ponte (mai).

  2. Combien d’œufs ont été stérilisés?

    • 20, dont 6 à la Marina de Valleyfield,
    • 19 bébés outardes ont été recensés au cœur du centre-ville ce mois de mai 2019. Cette population de 19 individus, représentera 36 individus dans 5 ans.
  1. Quel territoire est visé par la stérilisation?

Une infime partie de notre territoire. On parle du cœur du centre-ville seulement : 

  • Parc Delpha-Sauvé (priorité)
  • Parcs Marcil, Aston-Hill et Cauchon et Marina
  • Parc régional des Îles-de-Saint-Timothée

La Ville offre de nombreux sites propices et calmes, comme la rivière Saint-Charles, malgré qu’elle soit au centre-ville. Le 2/3 du territoire de Salaberry-de-Valleyfield est zoné agricole : l’espace ne manque pas en la matière.

  1. La Ville dispose-t-elle des autorisations délivrées par les autorités compétentes pour procéder à la stérilisation d’œufs de bernache?

    • Un permis est obligatoire pour pouvoir déroger à la loi. Il est octroyé par le service canadien de la faune qui protège et donc connaissent bien les oiseaux migrateurs.

  1. Quel est le processus de stérilisation?

    • Protocole réglementé pour une approche éthique et légale - recommandation du Service canadien de la faune et Environnement Canada  :

      • Si un nid est trouvé : enduire l’œuf d’huile végétale ou minérale non toxique pour empêcher l’échange d’air par les pores de l’œuf. ATTENTION : cette action ne peut se faire que durant la première semaine de ponte par respect de la vie animale.

      • Le processus de développement s’arrête tout simplement : ICI AUCUN ACTE DE CRUAUTÉ ANIMALE

      • On ne recommande la stérilisation que lorsqu’on croit que les bernaches pondraient de nouveau si l’on détruisait leurs œufs. Ainsi, on stérilise les œufs en les laissant dans le nid, et la femelle continue de les couver jusqu’à ce que la saison soit trop avancée pour une autre couvée. La prévention de l’éclosion des œufs permet de réduire à court terme le nombre de bernaches qui utilisent un endroit durant l’été. Toutefois, pour un oiseau avec longévité élevé, si le but recherché est de réduire la population à long terme, cette mesure devra être répétée sur plusieurs années. Voyant leurs efforts répétés de reproduction échouer (peu d’œufs éclosent), les bernaches vont quitter le site pour aller tenter de nicher ailleurs, et la population finit par diminuer avec la mort naturelle des adultes.

        Référence gouvernementale : Manuel pour la gestion des populations de bernache du Canada et de bernache de Hutchins dans le sud du Canada : consulter ici. Lire particulièrement la section : 7.2.2 STÉRILISATION DES OEUFS OU DESTRUCTION. Vous y apprendra que la Ville a opté pour la solution de loin la plus « douce ».

 

  1. D’autres villes ou organisations pratiquent-elles la stérilisation des oeufs?

    • Cette technique est répandue depuis plusieurs années :

      • Une 20aine de ville du sud du Québec, certaines depuis plus de 5 ans (Granby, Terrebonne, La Salle, Ville Saint-Laurent…),
      • Les Villes environnantes aux aéroports afin d’éviter les accidents avec les avions.

 

Résumé des éléments biologiques

Février-mars

Arrivée, recherche un site de nidification près de l’eau

Fin-mars à avril

Ponte de couvées de 2 à 8 œufs. Défense des nids.

Mai- à mi-juillet

Élevage des petits et mue (perte des plumes de vols). Se nourrissent abondamment, mais ne vole pas.

mi-juillet à octobre

Oisons peuvent voler. Se déplacent vers aires de repos, d’où elles s’envolent pour se nourrir. Sauf si l’aire d’élevage fournit tous leurs besoins.

automne

migration

Durée de vie de la bernache : 10 à 20 ans